Sauvez la planète : mangez un macroniste

Dernière mise à jour : 17 mai


*Crédit : Lessismore via Melenshack.fr


« Make our planet great again », qu’il disait. Ah, la belle formule d’Emmanuel Macron fraîchement élu président et allant faire la leçon aux Etats-Unis de Trump, tout juste sortis de l’Accord de Paris. Le coup de com’ de cette vidéo en anglais, postée en 2017 sur YouTube, était bien trouvé : dire crânement aux internautes du monde entier que la France, elle, serait au rendez-vous et à la hauteur de l’urgence climatique. Mais cinq ans plus tard, au-delà des belles déclarations d’intentions, quel est le véritable bilan français en matière de lutte contre le changement climatique ?


Le respect (des engagements) est mort


Avec l’Accord de Paris, les Etats signataires s’engageaient en 2015 à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux pré-industriels. Sous le quinquennat Macron, cet engagement est passé à la trappe : entre retards accumulés sur le rythme annuel de réduction et objectifs climatiques revus à la baisse, l’exécutif a choisi la politique de l’autruche au détriment de l’effort collectif mondial.


La France de Macron ne respecte donc pas l’Accord de Paris, comme l'a pointé le Conseil d’État en juillet 2021, et comment le pourrait-elle ? Elle a signé des accords commerciaux néfastes pour le climat comme le CETA, ratifié par les député.es de la majorité en 2019. Elle est largement à la traîne sur le développement des énergies renouvelables et se retrouve donc obligée de garder ouvertes la moitié de ses centrales à charbon, rompant la promesse de toutes les fermer d’ici cette année. Elle continue de subventionner massivement les industries les plus polluantes à coups d’avantages fiscaux et d’exonérations de taxation, mais diminue le budget des aides d’État alloué à la rénovation des passoires thermiques, au grand dam des professionnels du secteur. On continue ?


Pied au plancher vers le mur


Autre symbole de cette action gouvernementale climaticide : le secteur des transports, qui est le premier émetteur de gaz à effet de serre en France. Alors que ces émissions auraient dû radicalement chuter, elles ont quasiment stagné entre 2017 et 2022, hors crise sanitaire. La faute à qui ? On peut citer, pêle-mêle:

  • une Loi d’orientation mobilité beaucoup trop timide, principalement orientée vers le développement de la voiture électrique pourtant très faible en terme de bilan carbone, qui repousse à 2040 l’interdiction de vente de voitures à essence et diesel, et qui préfère flatter le lobby automobile plutôt que de s’aligner sur les objectifs de la Stratégie nationale bas-carbone ou du paquet climat européen « Fit for 55 » ;

  • un trafic aérien en constante hausse et libre de toute mesure de régulation, avec une réduction des émissions uniquement envisagée sous l’angle d’un « avion bas carbone », dont la technologie n’émergera au mieux qu’en 2035 et de façon très limitée ;

  • des modes de transport moins polluants (ferroviaire, transports en commun, marche, vélo) laissés sur le bas-côté de la route, sans aucune politique de développement ni financement adéquat, et à rebours des promesses de Macron, par exemple pour un plan vélo ambitieux.

Résultat des courses ? Un retard de 10 % sur les objectifs de réduction d’émissions dans le secteur des transports en 2018, et un exécutif obligé de tricher avec les chiffres dès 2019 pour masquer son dépassement systématique des objectifs.


En vert et contre tous !


Face à un nouveau quinquennat macroniste qui menace de continuer à privilégier le profit des acteurs du privé au détriment de la protection urgente de notre bien commun, il nous faut impérativement changer de logiciel pour faire émerger une société d’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. Pour enfin avoir un parlement et un gouvernement qui soient à la hauteur de cet enjeu historique, la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (NUPES) porte pour les élections législatives des mesures cruciales comme l’inscription dans la Constitution d’une « Règle verte », selon laquelle on ne peut pas prélever davantage à la nature que ce qu’elle peut reconstituer.


En matière d’émissions de gaz à effet de serre, le programme L’Avenir en commun prévoit de relever, et non de baisser, les objectifs de réduction, pour atteindre -65 % d'émissions d’ici 2030 (au lieu de -40 % actuellement). Pour y arriver, les entreprises devront bien sûr faire leur part en mettant en œuvre une comptabilité carbone pour leurs émissions directes et indirectes, et en engageant une trajectoire de baisse de ces émissions. Ce sont les secteurs les plus polluants (énergie, transport, bâtiment, industrie lourde) qui devront s’y mettre en premier !


La différence est claire : choisir un.e candidat.e NUPES au lieu d’un.e candidat.e La République en Marche (LREM), c’est élire des député.es véritablement engagé.es dans la lutte contre le changement climatique. Celles et ceux qui voteront, par exemple, pour le développement des transports publics et des mobilités douces plutôt que pour continuer à arroser de milliards les extracteurs d’énergies fossiles. Celles et ceux qui choisiront l’intérêt général plutôt que les intérêts des actionnaires. Alors, n’hésitez plus : les 5 et 19 juin, pour sauver la planète, mangez un macroniste !


Jérémy Davis

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