Holroyd un député écologique ?

Le député sortant de la majorité LREM A. Holroyd se présente comme un défenseur de l’environnement. La réalité est toute autre, comme en témoignent ses votes à l'Assemblée nationale, par exemple : pour la réintroduction des pesticides néonicotinoïdes, contre l’interdiction du glyphosate, contre la baisse de la TVA sur les transports en commun, contre l’interdiction des vols intérieurs pour lesquelles une solution en train sur des parcours inférieurs à 4 heures existe, ou encore pour l’accord de libre-échange Europe-Canada. Globalement, son soutien à un gouvernement anti-écologique est contradictoire avec ce qu’il prétend représenter. Explications.



Agriculture

L’agriculture est un secteur clé pour l’environnement car fortement émetteur de CO2 et de pollutions diffuses dans les sols et les eaux de surfaces. Holroyd et LREM prétendent avoir « sauvé les agriculteurs » en n’interdisant pas le glyphosate. On se demande bien comment ça marche.


L’utilisation du glyphosate est une pratique qui s’inscrit pleinement dans un système de production intensif. Ce mode de production associe de manière cohérente pesticides et engrais chimiques, par exemple azotés, fabriqués à partir de gaz (souvent Russe); ou phosphatés, utilisant un minerai proche de la pénurie au niveau mondial. C’est aussi une agriculture qui utilise massivement du soja, importé principalement depuis l’Amazonie pour l’alimentation animale. Ce type d’agriculture est donc fortement dépendante d’importations qui coûtent très cher aux agriculteurs et plombent la balance commerciale de la France.


Ce modèle est par ailleurs très orienté vers l’innovation technologique dans les mots de l’ancien ministre de l’Agriculture Julien Denormandie du gouvernement Castex : « digitalisation, robotisation et génétique ». Les agriculteurs sont donc contraints à s’endetter massivement pour utiliser ces « solutions » de l’agrobusiness, tandis que les plus petites exploitations déposent le bilan par manque de capital, poussant à l’industrialisation du secteur. La France a ainsi perdu 100,000 agriculteurs en 10 ans. Pire, les terres ainsi libérées sont systématiquement attribuées aux plus grosses exploitations au lieu de faciliter l’installation de nouveaux agriculteurs ou de consolider les fermes de taille plus modeste. Les agriculteurs de ces fermes de très grande taille n’ont plus le temps de s’occuper finement de leurs terres avec des pratiques agroécologiques (comme l’agriculture bio) et sont souvent forcés de privilégier, et parfois revendiquent, l’usage de solutions rapides dont le glyphosate. Cette forme d’agriculture ne « sauve » donc pas les agriculteurs, elle s’appuie sur un modèle industriel dont les gérants font de plus en plus appel à de la sous traitance, et donc à l’emploi précaire.


Avec l’interdiction du glyphosate, la NUPES souhaite donc mettre fin au symbole de l’agriculture intensive et au pesticide le plus utilisé du pays et d’Europe. Cette mesure s'accompagne d’une meilleure distribution des terres, plus favorable à l’installation de nouveaux agriculteurs, et du soutien financier aux petites fermes, à l’agriculture biologique et aux pratiques favorables à l’environnement (Mesures Agro-Environnementales et Climatiques). C’est-à-dire l’inverse du plan stratégique national pour l’agriculture de Macron, retoqué par la commission européenne en avril 2022 pour ses faiblesses en matière d’environnement. On se souvient également de la suppression des aides au maintien de l'agriculture biologique dès fin 2017.


Pour en savoir plus sur le rapport de la Commission Europénne: https://reporterre.net/Agriculture-la-politique-francaise-severement-jugee-par-la-Commission-europeenne





Changement climatique

LREM prétend avoir rempli les objectifs de la France en matière de baisse de ses émissions de CO2. Pourtant, ces objectifs étaient en dessous des engagements du pays dans l’Accord de Paris, ce qui a déclenché l’intervention du Conseil d’État contre le gouvernement. Ces objectifs ont ensuite été revus à la baisse car considérés inatteignables. Effectivement, face à l’échec, il est aisé de remplir des objectifs lorsqu’ils sont changés en cours de route.


C’est ainsi que le gouvernement sortant a été condamné pour inaction climatique par la justice. L’ancien premier ministre Jean Castex en personne s’est présenté devant le tribunal administratif de Paris avec le plan gouvernemental préparé par Elisabeth Borne, alors ministre en charge de l’écologie, et actuelle première ministre. Ce plan a été jugé insuffisant, renvoyant le prochain gouvernement à présenter un nouveau plan en décembre 2022.


Pour montrer les failles de ce plan, prenons l’exemple de la rénovation thermique, mise en avant ces dernières semaines par LREM. Le budget des aides de l'État pour la rénovation, pourtant déjà considéré insuffisant, a été réduit en 2021 et les conditions d’accès aux aides ont été durcies en février 2022. Résultat: la rénovation thermique des bâtiments a fortement ralenti alors qu’elle était déjà largement inférieure à ce qui est nécessaire pour respecter les Accords de Paris, et les PME du secteur sont furieuses avec plus de 10000 emplois perdus.


Pour en savoir plus, l’interview du syndicat des professionnels de la rénovation : https://reporterre.net/L-Etat-diminue-les-aides-a-l-isolation-thermique-c-est-aberrant



En résumé, le gouvernement proposé par Emmanuel Macron n’est pas en mesure de répondre à l’urgence climatique, et il est pourtant soutenu par Alexandre Holroyd, qui a aveuglément suivi ses propositions au cours du précédent quinquennat. Alors que le député sortant semble avoir découvert l’écologie dans les mois précédant le scrutin, pour sauver notre avenir, un choix plus sûr réside sans aucun doute dans celui de Charlotte Minvielle, la candidate Europe Ecologie les Verts dans la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociales.

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